- Sujet : Le bonheur est-il une utopie, un idéal inaccessible ?
- Concepts : Le - bonheur - est-il - une - utopie - un - ideal - inaccessible - - 3917 -
- Extrait du corrigé : Peut-être cela ne fera-t-il que lui donner un
regard plus pénétrant pour lui représenter d'une manière d'autant plus terrible
les maux qui jusqu'à présent se dérobent encore à sa vue et qui sont pourtant
inévitables, ou bien que charger de plus de besoins encore ses désirs qu'il a
déjà bien assez de peine à satisfaire. Veut-il du moins la santé ? Que de fois
l'indisposition du corps a détourné d'excès où aurait fait tomber une santé
parfaite, etc. ! Bref, il est incapable de déterminer avec une entière certitude
d'après quelque principe ce qui le rendrait véritablement heureux : pour cela il
lui faudrait l'omniscience. [
] Il suit de là que les impératifs de la prudence,
à parler exactement, ne peuvent commander en rien, cad représenter des actions
d'une manière objective comme pratiquement nécessaires, qu'il faut les tenir
plutôt pour des conseils que pour des commandements de la raison ; le problème
qui consiste à déterminer d'une façon sûre et générale quelle action peut
favoriser le bonheur d'un être raisonnable est un problème tout à fait
insoluble ; il n'y a donc pas à cet égard d'impératif qui puisse commander, au
sens strict du mot, de faire ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un
idéal, non de la raison, mais de l'imagination, fondé uniquement sur des
principes empiriques, dont on attendrait vainement qu'ils puissent déterminer
une action par laquelle serait atteinte la totalité d'une série de conséquences
en réalité infinie
»
Kant,
« Fondements de la métaphysique des murs ».
L'objet de la « Dialectique »
de la raison pure pratique, c'est le souverain bien , défini comme l'accord de
la vertu et du bonheur, dont nous avons besoin en tant qu'êtres doués d'une
sensibilité. La vertu et le bonheur sont liés dans le concept du souverain bien.
Par suite, il faut déterminer la nature de cette liaison, de cette unité. Ou
bien elle est analytique et il faut affirmer l'identité de la vertu et du
bonheur ; ou bien elle est synthétique et il faut dire alors que la vertu
engendre le bonheur. Les deux grandes écoles morales de l'antiquité, stoïcisme
et épicurisme, ont adopté le principe commun de l'identité du bonheur et de la
vertu, mais elles l'ont conçu de façons différentes.
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