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Extrait du corrigé : La revendication de l'art pour l'art est forte: cela témoigne de la force du préjugé de l'art moralisateur. La violence (récente) du conflit entre l'art pour l'art et l'art moralisateur ne marque pas pour autant le triomphe de la thèse nouvelle. C'est parce que le préjugé de l'art moralisateur reste puissant que la position de l'art pour l'art se formule de manière outrancière (« Que le diable emporte... »).Certes, on ne peut un seul instant soupçonner que Nietzsche soit favorable à l'idée (et à la pratique) d'un art moralisateur. On connaît bien ses prises de position constantes - et souvent violentes - contre le moralisme (chrétien ou autre). Mais à combattre le moralisme en art, il n'est pas, pour autant, favorable à l'« idée de l'art pour l'art » (« il ne s'ensuit pas encore que l'art doive être absolument sans fin »). Visualisant cette expression, qui débute et s'achève par le mot « art », et avec le goût journalistique de la pointe, il désigne l'expression par l'image de l'ourobouros, « un serpent qui se mord la queue ». Autrement dit, à n'affirmer que cela, on n'affirme pas grand-chose...Ayant réglé son compte à l'élucidation du sens de l'expression « l'art pour l'art » (comme réaction à l'art moralisateur), Nietzsche prend position, non pas immédiatement sur le contenu (cela ne se révélera qu'à la fin du texte) mais en examinant les présupposés des positions.
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