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Sujet : Ne doit-on attendre de l'historien qu'un récit des faits tels qu'ils se sont passés ?

Extrait du corrigé : Le dernier problème qui ce pose, se rapproche assez des problèmes de retranscription posés précédemment, il s'agit comme le constate Hegel du fait que les hommes agissent rarement pour des motifs tels que la raison ou la conscience morale, mais plutôt par intérêt personnel: ''Rien de grand ne c'est accompli dans le monde sans passion'' ou bien pour rester dans les idées chères à Rousseau :''Il n'y a que la passion qui nous fasse agir ''. Car les hommes historiques en agissant pour eux, produisant un sens qui les dépasse plus sûrement que s'ils l'avaient eu pour but. C'est si l'on en croit Hegel ''ce qu'il faut appeler ruse de la raison quand elle laisse agir à sa place les passions''.Les anciens avaient divinisé l'histoire: ils en faisaient une Muse, sous le nom de Clio et la représentaient couronnée de lauriers, une trompette dans la main droite, un manuscrit roulé dans la main gauche, au mépris de l'objectivité, les récits 'historiques' d'alors ressemblés plus à l'Illiade d'Homère qu'a la science historique dont on pose Hérodote comme le père. Une vraie transition naissait alors entre l'histoire et l'épopée. L'apport de la méthode scientifique du siècle des Lumières et d'historiens 'indépendants' et non plus d'État ou d'Église ne fait qu'accentuer la tendance. Le problème posé par la connaissance historique entraîne un problème de justification du passé qui est trop souvent comme le dit Nietzsche du domaine du ''culte du fait accompli''. La recherche historique tend de nos jours à devenir de plus en plus scientifique et d'être ainsi le reflet le plus pur de la réalité passé. La méthode avance, se détache de la subjectivité des faits historiques, cependant ''croit-on que la véritable connaissance des événements soit séparable de celles des causes, de celle de leurs effets, et que l'historique tienne si peu du moral, qu'on puisse connaître l'un sans l'autre?''(Rousseau).

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Définitions

  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).

Problématique

Il semble évident de commencer par dire que l’histoire porte sur le passé. En ce sens, on pourrait considérer que l’histoire consiste à restituer au présent des faits passés. C’est pourquoi on pourrait être tenté de définir l’histoire comme le récit des événements passés. Néanmoins, suffit-il de raconter ce qui s’est passé pour faire de l’histoire ? Vous pouvez noter que la notion d’histoire renvoie à une double réalité : elle désigne aussi bien la somme des événements passés que le récit sur ces événements, mais ce récit renvoie à son tour à tout un ensemble de difficultés. L’historien est celui qui semble alors faire l’histoire en la racontant. L’histoire semble alors relever d’une discipline littéraire puisqu’elle renvoie à la constitution d’un récit et d’ailleurs de grands historiens comme Michelet ou Voltaire furent de grands écrivains. Mais une telle approche de l’histoire ne risque-t-elle pas de perdre toute objectivité ? Pensez au sens de l’expression « raconter des histoires ». En d’autres termes, l’histoire est-elle un récit ou une science ? Ici, vous devez alors faire porter votre attention sur le souci et l’effort d’objectivité de l’historien en vous demandant si cette dernière est possible. En effet, si l’histoire est une enquête sur des événements passés, il n’y a d’enquête que par rapport à un présent qui est celui de l’historien. Si Fénelon pouvait dire que l’historien n’est d’aucun lieu ni d’aucun temps, il semble bien qu’il s’agisse ici d’un vœu qui nous éloigne de la réalité. Vous devez alors vous demander si on peut considérer l’histoire comme une science.



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